
Ma petite Maman ;
Je t'écris ce soir parce que cela m'étrangle.
J'ai encore aux tympans ces mots que l'on s'est dits ce soir là.
Je voulais te dire que c'est grâce à toi, Maman, si j'ai une famille que j'aime.
Ta famille, Ton sang.
Ces Tourneurs, honnis de mon enfance, insultés durant des années, méprisés tant de fois.
C'est Ta Mère que j'ai pleurée de toutes mes larmes devant mon fils.
C'est Ton héritage, Ton Nom que j'ai adopté, et qui m'a accueilli.
Maman, ne pense jamais que je ne t'aime pas.
Ne pense jamais que mon fils t'es enlevé.
Je veux Ma Maman, La tourneur, Gisèle, sœur de Joël et de Roselyne.
Toi qui a été si mal traitée par mon père. Toi qui m'a défendu de l'orage paternel.
Nous sommes les victimes d'un homme qui méprisait Ta famille, ces romanichels.
Je veux ma Maman, notre sang est le même.
Je suis le fils de mon père. Oui. Je ne le renie pas.
Mais je suis un Tourneur et je le revendique.
Il ne peut y avoir que de la fierté, de la joie et de l'amour à nous voir aimer tes frères et tes sœurs.
Nicole, Gil, Marie-Yvonne, Joël, Roselyne.
Maman. Tu n'es pas Le Fauconnier. Tu as épousé un Le Fauconnier.
Aime nous voir à Saintes, aimer les Charentes, tant dénigrées par ces normands.
Maman C'est toi que j'aime en les aimant.
Maman Sois ma Maman, Sois Tourneur, Sois Toi.
Tu n'es pas aigrie, tu n'es pas sèche, tu n'es pas dure. Tu l'es devenue par tant de souffrances et de mépris.
Reviens moi. Comme tu dois être. Gisèle, Tourneur, Mamie.
J'ai envie de te voir en juillet.
Bonne Nuit Ma petite Maman.